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Au travers d’un verre obscur

Voir la beauté de Dieu – et la nôtre – par le moyen de vitraux.

de Jamie A. Hughes

 

À 10 h, la lumière du soleil qui pénètre par les vitraux de la cathédrale en remplit le côté est d’un éclat kaléidoscopique. Partout où je regarde, des ombres rouge écarlate, bleu cobalt, lavande, vert émeraude, turquoise et dorées illuminent les carreaux du plancher et effleurent les colonnes, les embellissant de couleurs étincelantes. Alors que je me tiens au milieu de cette splendeur, je répète les paroles du psalmiste : « Car l’Éternel est grand et très digne de louange […] La splendeur et la majesté sont dans son sanctuaire » (Ps 96.4,6).

En me promenant dans les allées et autour des bancs, j’admire la scène devant moi. Chaque vitrail dans la vaste salle raconte une histoire frappante. Dans l’un, Jésus est assis à un puits, désignant la cruche d’argile de la Samaritaine, qui ne peut contenir l’eau vive qu’il lui offre. Dans le suivant, le Messie regarde vers le haut, alors que trois hommes descendent par le toit un paralytique qui a besoin de guérison. Et dans un autre, Jésus regarde aimablement la femme qui a cru en lui : « Si je puis seulement toucher son vêtement, je serai guérie » (Mt 9.21a).

Cependant, pour une raison quelconque, je suis sans cesse attirée vers l’image de l’Annonciation, j’ai envie d’y retourner et je m’attarde devant elle plus longtemps que les autres. Dans ce tableau, Marie, vêtue de tons pastel de rose et de turquoise, personnifie la tendresse et la vulnérabilité et tranche avec l’ange Gabriel dont les ailes anguleuses sont embrasées. Une des mains de l’ange est étendue au-dessus de la tête de Marie, tandis que l’autre s’élève pour la bénir. Ce faisant, Gabriel dit : « Tu es bénie entre les femmes » (Lu 1.28, version Darby). Les mains de Marie en disent long également, car l’une est ouverte vers le haut en signe de louange, tandis que l’autre est posée sur son ventre, pour montrer qu’elle avait déjà accepté la déclaration angélique et qu’elle protégeait le sein qui allait abriter le Sauveur attendu depuis longtemps.

C’est le moment où l’acte d’amour ultime du Père a changé pour toujours l’avenir de Marie et le nôtre. Rien à proximité ne décrit la scène aux spectateurs, mais elle me parle clairement comme si la narration était écrite sur le mur. C’est une leçon qui doit être apprise avec les yeux aussi bien qu’avec l’âme.

C’étaient cette clarté et cette lumière que Suger, prêtre du 12e siècle, avait en tête lorsqu’il a entrepris la rénovation de l’église Saint-Denis, près de Paris, où il était abbé. Partisan de l’anagogicus mos ou de la « voie anagogique », Suger croyait que la lumière était une force divine qui pouvait contraindre une personne à transcender le monde matériel et à mieux comprendre la nature de Dieu. En conséquence, il a incorporé aux murs des arcs-boutants, des arches qui supportaient le toit aux voûtes spacieuses de l’église. Ceux-ci permettaient l’édification de murs plus hauts et plus minces et allouaient plus d’espace pour les fenêtres. La combinaison des plafonds hauts et de l’abondance de lumière filtrée par les vitraux attirait les yeux des paroissiens vers le ciel. Tout le monde pouvait alors connaître la splendeur de Dieu d’une manière tangible. Les vitraux avaient aussi un autre objectif : communiquer la Parole aux paroissiens analphabètes; c’est pourquoi certains font référence aux vitraux comme « La Bible du pauvre ».

Même de nos jours, dans notre société moderne où des structures imposantes dominent l’horizon et où l’on peut créer la lumière le vitrail a toujours le pouvoir de captiver. C’est peut-être parce que ces ouvrages à vous couper le souffle portent l’empreinte indélébile de Dieu. Grâce aux habiletés que Dieu leur a données, les artisans créent des chefs-d’œuvre avec du feu et du fer en n’utilisant que du sable, de la soude, du calcaire, des oxydes et des sels, tous des éléments qui ne sont pas faits de main d’homme. Le vitrail atteste donc la vérité révélée en Apocalypse 4.11 : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles ont été créées. »

Cependant, peu importe la complexité du design, la précision des représentations dans ces œuvres fragiles, ou le temps qu’ont mis les artisans à y travailler avec amour, s’il manque un facteur essentiel, elles restent ternes et sans vie. En effet, sans la lumière, la première création du Dieu tout-puissant, nos œuvres restent à moitié formées comme Quasimodo, le fameux bossu de Notre-Dame, une autre cathédrale de Paris. Dieu seul peut fournir la lumière, l’illumination divine pouvant libérer les couleurs du vitrail.

Pour nous chrétiens, ces fenêtres sont encore plus irrésistibles parce que nous reconnaissons que, comme nous, elles ont été conçues de façon réfléchie. Contrairement à la noirceur et à la lumière, au ciel et aux mers et à toutes les autres créatures vivantes, nous seuls sommes faits à l’image de Dieu, selon sa ressemblance (Ge 1.26). C’est ce qui explique que nous sommes la plus précieuse de toutes ses œuvres.

C’est aussi pour cette raison que nous avons reçu la capacité et le désir de créer. Par exemple, Dieu a amené les animaux à Adam « pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant porte le nom que lui donnerait l’homme » (Ge 2.19). La première tâche que Dieu a confiée à l’homme était essentiellement artistique! Après tout, nommer quelque chose, c’est lui donner une unicité. Pour être efficace, ce processus créatif exigeait de l’intelligence, de la perspicacité et un sens de la logique et de l’ordre, lesquels nous sont tous dispensés par le Père. Cette tâche était peut-être aussi édifiante : en examinant la ménagerie devant lui, Adam pouvait commencer à saisir la puissance artistique infinie de Dieu.

Aujourd’hui, nous poursuivons cette quête de compréhension par la création de belles œuvres divinement inspirées. Comme Romains 1.20 le déclare : « En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu […]. » Nous pouvons donc concevoir des œuvres d’art et les utiliser pour louer Dieu, en puisant notre inspiration de son œuvre créatrice dans le monde naturel qui nous entoure.

De même, nous comprenons que, tout comme le vitrail est fortifié et perfectionné par la chaleur et la pression, nous sommes  aussi purifiés par des épreuves afin de ressembler davantage à Christ (1 Pi 1.6-9). Comme pour ces magnifiques vitraux, la lumière brille par nous, la lumière de Christ, qui attire l’âme perdue à fuir les ténèbres et à chercher la vérité du Seigneur. L’apôtre Paul a parlé de cette idée quand il a écrit aux croyants : « Car Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous » (2 Co 4.6,7).

Cependant, une chose est certaine : même si les vitraux sont très beaux, ils révèlent également que, tant que nous sommes dans la chair, nous sommes incapables de représenter adéquatement la gloire divine ou de la comprendre. En réalité, Dieu doit sans doute voir nos chefs-d’œuvre multicolores du même œil que le parent aimant considère la peinture au doigt de son enfant – ils sont dérisoires comparativement à sa gloire infinie, mais précieux quant à la sincérité de leur concepteur. 

Heureusement, le jour viendra où nous n’aurons plus besoin de dépendre d’outils et de matériaux rudimentaires pour comprendre la beauté de Dieu parce que nous serons dans la présence du maître artisan. Pour l’instant, « nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie. Mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli […] Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face » (1 Co 13.9,10,12). Oui, le jour viendra où sa lumière parfaite ne sera plus obscurcie par le péché.

La puissance divine

22 octobre 2014

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