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En présence d’ennemis

Apprendre le pardon par les premiers martyrs de l’Église

de Ginger Garrett

Le 9 avril 1945, un homme pacifique a connu une mort violente. Le médecin qui a présidé la pendaison de Dietrich Bonhoeffer a plus tard écrit : « Au cours des quelque cinquante années pendant lesquelles j’ai travaillé comme médecin, je n’ai quasiment jamais vu un homme mourir si pleinement soumis à la volonté de Dieu. » Bonhoeffer, théologien et pasteur allemand, avait ouvertement critiqué le régime nazi et secrètement participé au mouvement de résistance. À une époque caractérisée par le mensonge, il a proclamé la vérité et a été condamné à mort.

Le martyre de Bonhoeffer demeure un épisode doux-amer dans l’histoire de Dieu, un épisode où le mal semble avoir dominé, du moins pour un moment. Cependant, nous savons que son message est toujours vivant, comme c’est le cas des autres chrétiens morts en martyrs au cours des siècles. Le témoignage de leur attachement courageux et fidèle à l’Évangile jusqu’à leur dernier souffle nous rappelle que ce qui compte le plus n’est pas notre vie ici-bas, mais l’éternité dans la présence de Dieu. Une telle paix devant la mort n’est peut-être pas familière à la personne qui n’a jamais lu le récit du premier martyr de l’Église, Étienne, un homme rempli de foi, de grâce et de la puissance du Saint-Esprit (Actes 6.5,8).

Puisque le caractère d’Étienne était semblable à celui de Christ, les apôtres l’ont nommé comme l’un des premiers diacres de l’Église, qui avaient la responsabilité de distribuer la nourriture aux croyants dans le besoin. (Les convertis, surtout les Juifs qui avaient cru en Jésus, étaient souvent rejetés par leur famille et ostracisés par leur communauté, une situation qui en a forcé un grand nombre à dépendre de l’Église pour leur survie quotidienne.) L’Écriture révèle qu’Étienne opérait aussi des prodiges et de grands miracles parmi le peuple (v. 8).

Son dur labeur et sa grande foi lui ont valu le respect de ses compagnons d’œuvre, mais aussi la colère des ennemis de l’Église. La vie d’Étienne a été une démonstration indéniable du caractère et de la puissance de Christ, et les chefs religieux, qui avaient condamné le Seigneur, désiraient vivement le condamner aussi. Ils ont soudoyé de faux témoins pour accuser le diacre d’avoir proféré des paroles blasphématoires. Et comme Jésus, Étienne s’est tenu devant eux et a choisi de ne pas se défendre. Avec beaucoup de sagesse et de grâce, il a plutôt choisi de défendre l’Évangile. Dans un discours éloquent et puissant, Étienne a réprimandé le sanhédrin pour s’être rebellé contre Dieu et avoir refusé d’accepter Jésus comme Messie.

En entendant ses paroles, les chefs religieux furieux ont ramassé des pierres et, sans même le juger, ils ont lapidé à mort Étienne dans les rues de Jérusalem. Les dernières paroles d’Étienne révèlent l’état de son cœur : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché […] » (Actes 7.60b). À ce moment-là, il a exprimé les mêmes paroles que le Sauveur avait prononcées sur la croix : « […] Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font […] » (Luc 23.34). Étienne avait fidèlement suivi son Seigneur, dans la vie comme dans la mort.

Comment ce saint a-t-il trouvé la volonté de pardonner à ses meurtriers, même en les voyant le lapider? Actes 7.55 révèle : « Mais Étienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. » Entouré d’ennemis, Étienne a levé les yeux vers le ciel et a reçu une vision incroyable de Dieu. Toute son attention était centrée, non sur la haine de ses persécuteurs, mais sur la joie insondable de voir le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu.

Étienne a pu manifester le pardon divin dans la mort parce qu’il avait cultivé un cœur qui reflétait la Sauveur dans sa vie. Rappelez-vous les paroles de Jésus : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux […] » (Matthieu 5.43-45). Jésus ne nous commande pas seulement de pardonner les offenses des autres, mais il nous appelle à quelque chose de plus grand et de plus coûteux : aimer comme il nous a aimés (Romains 5.8-10). Par ces paroles, il révèle le lien intrinsèque entre le pardon et le véritable amour; en tant que croyants, nous ne pouvons pas manifester l’un sans l’autre. La mesure de notre ressemblance à Jésus se révèle par la manière dont nous nous comportons envers nos ennemis.

La capacité de pardonner à ses ennemis peut finalement se manifester par des actions, mais commence toujours dans le cœur. Nous devons nous concentrer sur notre relation avec le Seigneur, en le laissant toujours nous façonner à son image. Puis, lorsque des persécutions ou d’autres difficultés surviennent, nous pouvons proclamer l’Évangile avec compassion et altruisme et toujours tout pardonner en suivant l’exemple d’Étienne et de Jésus-Christ.

 

Quand un chrétien trébuche

21 mai 2013

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