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En son temps

Un aperçu du contexte historique de l’époque de Jésus.

de Cameron Lawrence


Jésus est né à une époque de grande expectative qui se caractérisait par toute l’anxiété, l’attente et l’espérance des siècles précédents : le peuple d’Israël attendait d’être racheté. L’Écriture est remplie d’allusions à cette attente, dont la plus poignante est probablement représentée par un vieillard qui tient dans le creux de ses bras un enfant mâle.

L’Évangile de Luc nous fait découvrir Siméon, 40 jours après la naissance de Jésus, alors que Marie et Joseph arrivent au temple pour y présenter leur fils à Dieu, selon la loi de Moïse. Serviteur de Dieu « juste et pieux, Siméon attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était sur lui » (Lu 2.25). Écoutez les tendres paroles de ce saint homme, prononcées au crépuscule de sa vie, alors qu’il contemple l’espoir ancien du peuple de Dieu se réaliser : « Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu ton salut […] » (2.29,30).

Siméon connaissait le long passé agité du peuple juif, une histoire en dents de scie, dont la division d’Israël en deux royaumes en l’an 922 av. J.-C. faisait partie des plus grands malheurs à atteindre cette nation. Elle s’est fragmentée en royaume du Nord, la future Samarie, et en royaume du Sud, ou de Juda, sur qui régnait la maison de David. Cet événement nous fournit un indice important qui nous aide à saisir le contexte historique de l’époque de Jésus.

UN PAYS DIVISÉ

L’histoire révèle que, deux générations seulement après le règne grandiose de David, Roboam, fils de Salomon et successeur au trône, a irrité par son manque de sagesse les dix tribus d’Israël qui occupaient la région du nord de la Terre promise. Quand les tribus ont demandé au nouveau roi d’alléger le fardeau fiscal excessif qu’il leur imposait, il a refusé leur requête en ces mots : « Mon père a rendu votre joug pesant, et moi je vous le rendrai plus pesant […] » (1 R 12.14). Les tribus du nord se sont rebellées et ont choisi leur propre roi, accomplissant ainsi la prophétie selon laquelle dix des onze tribus restantes se sépareraient de Juda (11.28-35), lui laissant Benjamin comme seul allié.

Séparées du temple et des traditions de leurs ancêtres, les tribus du nord se sont rapidement adonnées à l’adoration des idoles et, à mesure que des puissances extérieures les conquéraient et que des influences païennes proliféraient, elles se sont mariées avec des étrangers et ont adopté des faux dieux. Puisque les tribus du nord avaient trahi le Dieu de leurs pères et n’étaient plus un peuple mis à part pour lui seul, nous pouvons comprendre l’inimitié qui existait entre les Juifs et les Samaritains du temps de Jésus.

Dans l’intervalle, le royaume du Sud, lui aussi agité par des périodes d’apostasie, a été plusieurs fois conquis et fait captif par des monarques étrangers jusqu’au soulèvement juif de Juda Maccabée, en l’an 167 av. J.-C. Cette révolte a plus tard mené à plus de 100 ans d’indépendance juive qui ne devait pas durer. Des conflits internes ont émergé parmi le peuple, ce qui a ouvert la porte à l’influence de Pompée, le général romain qui, en 63 av. J.-C., a fait de Juda – alors connu par son nom grec Judea – un tributaire de l’Empire romain.

Le peuple juif n’aurait plus de véritable roi juste comme au temps de David. Le gouvernement romain allait désormais nommer des monarques fantoches, dont Hérode le Grand, roi à la naissance de Jésus, était le premier en l’an 37 av. J.-C.

ESPOIR D’UN RÉDEMPTEUR

Au temps de Jésus-Christ, deux groupes religieux étaient parvenus à diriger le peuple : les prêtres sadducéens et les pharisiens, un groupe encore plus influent que les premiers, reconnu principalement pour ses enseignements et aujourd’hui largement perçu à tort comme une simple secte légaliste. Au cœur du zèle apparemment excessif des pharisiens se trouvait un désir juste d’amener chaque sphère de la vie à se soumettre à la volonté divine, d’être saint comme Dieu est saint (Lé 19.2).

L’interprétation des pharisiens quant à la manière de mettre en pratique la loi mosaïque guidait la vie quotidienne de la plupart des Juifs de l’époque. Sous leur influence, la compréhension du salut personnel et de la résurrection des morts, que les sadducéens niaient, s’est propagée (Mc 12.18).

Avant le premier siècle, Dieu avait progressivement révélé à Israël qui serait le Rédempteur, mais le peuple voyait toujours indistinctement, comme au travers d’un verre teinté. Dans son livre The Person of the Christ, l’auteur Daniel Fanous explique la progression des événements : « La souffrance passée et présente était familière à ces gens et elle engendrait un espoir en celui que les prophéties annonçaient vaguement […] Avec le temps, à mesure que les rois choisis par Dieu ont cessé de personnifier le rédempteur que le peuple attendait, ce dernier a commencé à attendre le Roi à venir » (p. 186-189). Alors que cette vision s’imposait dans les débats sur le Messie, les gens se laissaient convaincre par les prophéties relatives au descendant royal de David : son règne devait durer pour toujours (voir Ps 89.30 et Da 7.13,14). À cette époque, le peuple envisageait un roi terrestre puissant qui allait rétablir l’ancienne gloire d’Israël, le propulsant dans une ère infinie de paix, de liberté et de prospérité. Il n’est donc pas étonnant que, impressionnés par la manifestation de puissance et d’autorité de Jésus, les gens aient voulu l’enlever pour le faire roi (Jn 6.15).

Leurs attentes n’étaient que partiellement justes : le Messie devait régner pour toujours, mais sur un royaume qui n’était pas de ce monde (Jn 18.36). S’ils cherchaient à élever Jésus au-dessus des masses, ils n’avaient pas compris qu’il ne serait pas exalté sur un trône, mais sur une croix, que sa couronne ne serait pas faite d’or, mais d’épines tressées.

Un Messie crucifié était inacceptable et représentait une impossibilité pour les enfants d’Israël. Dans leur déception, ils n’ont pas compris que le véritable contexte historique du Rédempteur n’avait rien à voir avec des bâtiments ou des frontières, et tout à voir avec le jardin divisé du cœur humain. Certes, il est venu pour libérer le peuple des oppresseurs étrangers, mais ses ennemis ne portaient pas d’armure ni ne régnaient dans un noble palais. Jésus est venu pour libérer toutes les nations, non pas de la domination des gouverneurs et des soldats, mais de l’esclavage du péché et de la mort.

La douleur

20 et 21 septembre 2014

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