de Tonya Stoneman
Avez-vous déjà eu l’impression d’être une marionnette manipulée par votre enfant? Même si vous êtes plus grand, plus fort et plus mûr que lui, il semble faire la loi. Cette situation n’est certainement pas normale, mais quelle est la solution? Le magazine En Contact s’est récemment entretenu avec le conseiller Jeff VanVonderen sur la manière dont des parents peuvent maintenir une certaine sérénité dans leur foyer.
Magazine En Contact : Vous parlez beaucoup des familles dont le fonctionnement repose sur la grâce. Qu’est-ce qui les différencie des autres familles?
Jeff VanVonderen : Une famille qui a recours à la grâce utilise tous les comportements, bons ou mauvais, comme des occasions d’apprentissage. Par exemple, je crois que mes enfants peuvent apprendre autant de leur désobéissance – si je suis sage au sujet des conséquences – que de leur obéissance.
Bien sûr, je préférerais qu’ils obéissent en tout temps. Mais dans le cas contraire, leur désobéissance peut toujours avoir des répercutions positives parce que je maîtrise les conséquences et qu’ils ont des choix à faire. Mon acceptation et mon respect d’eux ne changent donc pas en fonction de leur humeur et de leur comportement. Si les parents communiquent à leurs gamins que leur acceptation et leur respect dépendent du comportement des enfants, qu’il soit bon ou mauvais, leur attitude ne repose pas sur la grâce, mais sur le rendement.
MEC : Adressez-vous aux parents qui ont de la difficulté à garder l’équilibre entre l’éducation basée sur la grâce et celle basée sur le rendement.
JV : Tout d’abord, sachez que les enfants veulent toujours repousser les limites. Imaginez votre enfant en train de pousser les murs qui l’entourent pour développer ses muscles. S’il n’a rien à pousser, il ne les développera pas. Et si ce sont des murs de guimauve, il ne développera pas de muscles non plus. Il relève donc du parent de soutenir les murs et de les fortifier. Une fois que l’enfant montre qu’il se sent en sécurité et capable de fonctionner à l’intérieur des paramètres des murs, les parents peuvent élargir son périmètre. Leur but est de rendre leur enfant capable de prendre des décisions de manière responsable et avec assurance.
Bien sûr, les parents ne devraient pas tolérer qu’un enfant soit grossier ou impoli. Par ailleurs, ce n’est pas leur rôle de maîtriser l’impertinence de leur enfant, mais le sien. Alors, quand il dérape, ils doivent lui donner un ultimatum : « Tu peux continuer à être impertinent, auquel cas tu iras dans ta chambre, ou tu peux arrêter, auquel cas tu peux continuer de regarder la télé. Que décides-tu? Ton choix m’est égal. » C’est alors le problème de l’enfant et non celui des parents.
MEC : Comment un parent peut-il passer d’un comportement trop autoritaire – en criant ou pire encore – à celui qui enseigne à son enfant à faire de bons choix?
JV : Ces cris poussés pour se faire obéir sont ceux de parents trop autoritaires. Ils se disent : Si je crie assez fort, les enfants cesseront de faire ce qu’ils font. Mais cette approche enseigne aux enfants à réagir à l’intensité de leurs cris plutôt qu’à effectuer des choix sages.
Une mère crie probablement parce qu’elle voit dans la mauvaise conduite de son enfant le reflet d’elle-même en tant que mère. Mais qu’arriverait-il si le comportement de vos enfants n’avait pas le pouvoir de révéler quoi que ce soit sur votre qualité de mère? Et qu’arriverait-il si c’était seulement Jésus qui pouvait le faire? Alors, vous n’auriez pas à crier lorsque vous élevez vos enfants. Vous n’auriez qu’à vous en tenir à leur comportement.
Avez-vous déjà vu un parent dans une épicerie accompagné d’un enfant turbulent qui ravage tout sur son passage? Vous vous dites : Pourquoi le parent n’intervient-il pas? À l’autre extrême se trouvent les parents qui suivent l’enfant partout en hurlant et le menaçant. Ces parents se sentent tellement condamnés par le comportement de leur enfant qu’ils se sentent obligés de le changer ou de le maîtriser. Mais qu’arriverait-il si la valeur et l’acceptation des parents reposaient sur Jésus et non sur le comportement de leur enfant? Alors, ils n’auraient qu’à enseigner à leurs enfants à se comporter de manière responsable dans l’épicerie.
MEC : Comment des parents peuvent-ils fonder leur valeur sur une assise plus solide que leurs enfants? Après tout, nous vivons dans une société où nous sommes constamment mesurés par des signes extérieurs comme l’argent, le statut social et, oui, par nos enfants aussi.
JV : Si c’est le cas, ces parents agissent comme si les biens, l’argent ou le comportement de leurs enfants exerçaient sur eux un pouvoir qu’ils n’ont pas. Ils doivent laisser les ressources être des ressources au lieu d’en faire une source. Il n’y a qu’une Source.
Tendez les mains. Dans la main droite, imaginez Jésus et la croix. Dans la gauche, le solde de votre compte bancaire. Choisissez maintenant sur laquelle des deux mains baser votre valeur. Laquelle choisiriez-vous?
MEC : Je choisirais ma main droite.
JV : Et vous choisiriez toujours votre main droite si vous le pouviez. Mais vous êtes tellement habitué de choisir la gauche que, si vous ne faites pas un effort conscient, vous garderez votre habitude. J’ai appris que, toutes les fois que je dominais mes enfants, je donnais plus de pouvoir à leur comportement qu’il n’en avait en réalité. Mais si leur comportement n’a pas autant de pouvoir, nous pouvons alors le gérer comme un choix duquel nos enfants peuvent apprendre, mais cela nécessite beaucoup d’entraînement. Si les parents ne choisissent pas intentionnellement une main, ils choisiront la mauvaise parce que c’est ce qu’ils ont appris. Et le pire, c’est que la main gauche est souvent remplie de principes chrétiens qui paraissent vraiment bons, mais où la grâce de Jésus est absente.