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Repos assuré

La solution de Dieu pour une vie remplie de paix.

de Sandy Feit

 

Enfant, je voyais chaque jour la plaque souvenir sur le mur de notre salle de jeux. Son avertissement ironique se lisait comme suit : « Le reste de vos jours dépend du repos de vos nuits. » Si maman a souvent reconnu la sagesse de cette citation, pendant des années sa signification m’a échappé. À un moment donné, j’ai saisi le sens de ce jeu de mots (le mot « repos » est rest en anglais) et dès lors, les calembours sont devenus ma forme d’humour préférée. Ingénieuse citation, ai-je pensé, sans parler de sasagesse.

En effet, la petite plaque créative des années 50 était avant-gardiste, puisque son message précédait notre obsession nationale pour le conditionnement physique. Exercice, régime alimentaire et repos allaient vite devenir la triple mesure d’une vie saine, prêchée partout par les tribunes médicales.

Pendant longtemps, ce conseil – surtout la partie du repos – a été facile à « suivre » : puisque le rôle de parent est ardu, chaque soir, je sombrais dans une inconscience bienheureuse et rafraîchissante, dès que ma tête touchait l’oreiller. Maintenant que j’ai vieilli, le sommeil semble parfois me fuir. Cette citation, qui auparavant me paraissait assez vraie, sonne maintenant creux. Mais qu’est-ce donc que le repos? Dépend-il d’autre chose que d’une bonne nuit de sommeil?

DÉFINITIONS DU REPOS

Me demandant quelle était la définition « officielle » du repos, j’ai consulté plusieurs sources. À la première entrée du dictionnaire, j’ai trouvé la définition attendue : détente, sommeil. Toutefois, les descriptions suivantes « tranquillité ou paix » et « soulagement ou libération principalement de tout ce qui épuise, trouble ou dérange » semblaient revêtir une connotation spirituelle. Suivant la piste jusqu’à ma concordance, j’ai découvert que le mot « repos » est une traduction du terme hébreu shabat. La Bible utilise ce terme dans le sens de « cesser de travailler » ou d’« observer le sabbat ».

Cependant, le mot « sabbat » m’a rappelé de vieux souvenirs et a soulevé de nouvelles questions sur ce que signifie s’abstenir de travailler. J’ai été élevée dans une famille juive où, du coucher du soleil le vendredi jusqu’au coucher du soleil le lendemain, nous ne faisions ni cuisine, ni ménage, ni lessive, ce qui ne me contrariait aucunement. Toutefois, dessiner, découper et coudre étaient aussi des occupations défendues, ce qui au contraire me dérangeait. L’A-R-T était dans mon ADN; la spécialiste en art que j’allais un jour devenir était toujours en train de créer quelque chose avec des crayons, des ciseaux, du fil, des aiguilles, du ruban gommé, etc. Qu’on me refuse chaque semaine cette activité, dans laquelle je canalisais mes énergies et ma passion, m’énervait au lieu de me relaxer. Était-ce vraiment de ce labeur dont je devais me reposer?

J’étais certaine que Dieu devait avoir autre chose à l’esprit, mais il m’a fallu attendre de nombreuses années avant de voir mes soupçons se confirmer. Entre-temps, j’allais toutefois découvrir un autre type de « travail » dont j’avais besoin de me reposer.

Mon père était un être anxieux, et j’ai probablement appris ou hérité de lui sa tendance à l’inquiétude. J’agonisais en pensant aux « et si » et j’essayais de diriger ma vie en saisissant mes chances et en déployant des efforts exténuants. Les choses n’ont fait qu’empirer, d’abord quand j’ai épousé un homme anxieux, ensuite quand j’ai commencé à avoir des enfants. Bien que notre manière d’élever nos petits chéris ait été aimante, nous les surprotégions et étions constamment inquiets à leur sujet, ce qui nous rendait la vie difficile.

Puis, par un jour très sombre, nous nous sommes retrouvés devant notre plus grande crainte. Notre deuxième enfant est mort à l’âge d’un mois; nous avions soudain besoin de repos, non seulement de l’inquiétude, mais aussi de la pénible tâche de vivre un deuil sans espoir. Ce déchirement s’est révélé être un tournant dans ma vie parce qu’il m’a fait dérailler assez longtemps pour que je prenne conscience de deux choses : premièrement, je ne dirigeais pas ma vie et, deuxièmement, j’avais désespérément besoin de celui qui en tient les rênes : Dieu.

Par le truchement de personnes rencontrées lors de l’hospitalisation de notre bébé, Dieu a fait en sorte que sa Bonne Nouvelle m’atteigne : la paix et le répit auxquels j’aspirais étaient possibles, mais selon ses conditions. Alors, après avoir pris un peu de temps pour démanteler des idées préconçues, j’ai mis ma confiance en Jésus comme Messie, et j’ai entrepris le voyage menant à la découverte du vrai repos.

Quel soulagement de finalement reconnaître que je ne devais pas m’inquiéter de l’imprévisibilité de la vie et que la quiétude de l’âme n’était pas seulement théorique! Plus j’apprenais à connaître le Seigneur, plus mon assurance en sa souveraineté, en son omniscience et en ses bienveillants desseins croissait. En reconnaissant que Dieu, qui m’est bien supérieur, prendrait soin de ma famille et la protégerait, j’ai ressenti un calme inhabituel.

Permettez-moi de résumer les vérités qui m’ont menée vers un mode de vie plus calme.

Le repos est une paix. Ésaïe ne savait peut-être pas que le nom du Messie serait Jésus, mais il l’a appelé à juste titre le Prince de la paix (9.6). La paix que Christ donne surpasse notre entendement et ne ressemble en rien à ce que le monde peut nous offrir (Jn 14.27; Ph 4.4-7). Notre repos durant le pèlerinage de la vie augmente dans la mesure où notre confiance en lui croît.

Le repos est une pause. Dieu a sanctifié ou « mis à part » le septième jour de la semaine afin d’en faire un temps de repos pour l’humanité parce que lui-même avait achevé son œuvre de création en six jours : « Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes, car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié » (Ex 20.8-11).

Le sabbat a donc été mis à part comme un jour saint, mais ce n’était pas une fin en soi. Le répit hebdomadaire indiquait plutôt le grand plan futur de Dieu de nous soulager de nos fardeaux.

Le repos est un lieu. Deutéronome 5 réitère le commandement de respecter le sabbat, mais en y ajoutant quelque chose d’important au verset 15 : « Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que l’Éternel, ton Dieu, t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu : c’est pourquoi l’Éternel, ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du repos. » L’observation du sabbat devait servir de rappel hebdomadaire : Dieu avait non seulement racheté son peuple de l’esclavage des durs dictateurs égyptiens, mais il leur avait aussi promis la liberté dans la terre d’abondance où le souverain était le Seigneur.

Tout comme le sabbat surpassait sa signification littérale, la Terre promise préfigurait une réalité spirituelle à venir. La liberté dans le désert était sûrement une amélioration par rapport à l’esclavage oppressant : Dieu était présent parmi les enfants d’Israël (Ex 3.21). Il a pourvu à tous leurs besoins, mais en même temps, la vie dans le désert n’était pas sans soucis. Le peuple languissait pour Canaan, une demeure réelle et un lieu où il n’y aurait plus de luttes (De 12.9,10). Aujourd’hui, les chrétiens peuvent s’identifier à leur situation : Dieu les console et les dirige par son Saint-Esprit, mais leur citoyenneté est dans le ciel, et non dans un environnement où ils habitent actuellement, où ils sont des étrangers.

Le repos est une Personne. Cette notion est plus profonde que les précédentes : la « Terre promise » est beaucoup plus qu’un lieu géographique. En fait, le Nouveau Testament révèle où se trouvent notre « lieu » de sûreté et notre joie : nous devons demeurer en Jésus-Christ et dans son amour (Jn 15.4-11).

Ce que révèle la concordance sur le mot hébreu shabbat nous en apprend davantage sur la personnification du « repos ». Sa racine est yashav, dont l’idée principale semble être de s’asseoir, de rester tranquille. Le mot se trouve en Genèse 2.2 où, après avoir achevé sa création en six jours, Dieu donne l’exemple en ce qu’il « se reposa au septième jour de toute son œuvre qu’il avait faite ».

Ce n’est pas une coïncidence que l’auteur du livre aux Hébreux ait inclus cette analogie lorsqu’il présente Jésus-Christ comme étant supérieur aux prêtres et à leurs sacrifices continuels : « Et tandis que tout sacrificateur fait chaque jour le service et offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais ôter les péchés, lui, après avoir offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu » (10.11,12). Jésus peut s’asseoir parce que l’œuvre de rédemption a été accomplie sur la croix (Jn 19.30).

Celui qui s’est reposé de son œuvre complète nous invite à nous reposer en lui. Jésus a dit : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez le repos pour vos âmes » (Mt 11.29).

Le repos est un processus. Le seul moyen de nous reposer de nos fardeaux, de nos ennemis et de nos craintes est le « seul chemin » qui, selon Jean 14.6, nous conduit au Père : le salut par Jésus-Christ. Croire en lui comme Sauveur nous donne l’assurance d’une sécurité permanente; puisque nos péchés sont complètement expiés, nous n’aurons jamais à craindre la condamnation (Ro 8.1).

Selon l’enseignant Arnold Fruchtenbaum, cette décision de foi est le « repos passé ». Par elle, les croyants entrent dans ce qu’il appelle le « repos de la création […] une qualité de vie dont Dieu jouit » (Hé 4.3). Notre conversion nous garantit aussi le « repos futur » dont nous jouirons dans le ciel. Toutefois, cela laisse le large intervalle des jours qui nous restent à vivre sur terre. Fruchtenbaum définit ce « repos présent » comme la « maturité spirituelle ». En d’autres termes, à mesure que notre sanctification progresse, notre dépendance de Dieu augmente et les luttes de la vie nous laissent moins meurtris.

LA RÉALITÉ DU REPOS

Le processus de transformation qui aboutit au repos est un chemin long et graduel. Il m’a fallu apprendre à mieux connaître Dieu et à intégrer des principes bibliques, et vivre beaucoup de « situations » (c’est-à-dire des épreuves) pour appliquer tout cet excellent enseignement. Même si je n’ai pas vaincu toutes mes anciennes habitudes et toutes mes propensions, je vois des progrès. Des situations angoissantes peuvent toujours faire réapparaître la personne inquiète au lieu de la guerrière, mais toutes les fois que j’affronte un scénario angoissant, le rappel d’une amie réoriente mes pensées et ramène ma tension artérielle à la normale : « Ça, c’est dans l’avenir, me dit-elle, et ton avenir ne t’appartient pas. » Ah oui, je me souviens de la souveraineté, de l’omniscience et des desseins aimants de Dieu. Même maintenant. Même dans ma situation.

Chaque fois, il me semble que ces moments « Romains 8.28 » rétablissent le calme un peu plus vite et contribuent à le faire durer un peu plus longtemps. Je constate que le processus ne sera pas parfait de ce côté-ci du ciel, mais je sais que Jésus sera avec moi en tout temps. Après tout, il est le REPOS.

Les leçons de Gethsémané

17 avril 2014

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