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Se pardonner

Comment se libérer de l’autocondamnation

de Charles F. Stanley

Avez-vous de la difficulté à pardonner à quelqu’un en particulier? Est-ce un ennemi ou un être cher qui vous a blessé à maintes reprises? Ou est-ce vous-même? J’ai souvent entendu des croyants dire : « Je ne tiens pas rigueur à ceux qui m’ont causé du tort et, même si je sais que le sang de Christ a couvert tous mes péchés, je n’arrive pas à me pardonner. » Parfois, la personne à qui il est le plus difficile de pardonner est soi-même, mais sans cela, le pardon n’est jamais complet.

Les questions qui engendrent honte et culpabilité sont diverses. Vous regrettez peut-être un comportement qui a insulté les autres ou des paroles blessantes que vous avez proférées à l’encontre d’un être cher. Un choix traumatisant que vous avez fait, comme un divorce ou un avortement, a peut-être rempli votre vie de regrets. Ou vous portez peut-être un lourd fardeau de culpabilité pour des paroles ou des gestes malveillants dirigés contre vos enfants.

L’apôtre Pierre a probablement dû lui aussi se heurté à l’autocondamnation. Au moment où Jésus était très vulnérable, Pierre a nié le connaître (Matthieu 26.69-75). Son infidélité a dû lui être très difficile à porter à cause de sa promesse antérieure de ne jamais abandonner le Maître (Matthieu 26.33). La scène de sa trahison a probablement rejoué maintes fois dans son esprit, suscitant en lui le désir de pouvoir retirer ses paroles. Mais c’était impossible.

Et puis, il y a eu Paul. Une fois qu’il « a vu la lumière » (littéralement et figurativement), il a regretté d’avoir persécuté l’Église (Actes 9.1-4; 1 Timothée 1.5,16). Comment un homme au passé si effroyable pouvait-il devenir le plus grand missionnaire et le plus important évangéliste de son époque?

Ces deux hommes ont découvert le secret de la victoire sur l’échec et le péché. Ils ont compris et accepté le pardon de Dieu en choisissant de jouir de la richesse de sa grâce non méritée. Mais ils ne se sont pas arrêtés là; ils ont aussi pardonné leurs propres péchés. Ils ont déposé leur culpabilité au pied de la croix et refusé de continuer à la porter. C’est la raison pour laquelle le Seigneur a pu les utiliser si efficacement.

Nous, qui avons cru que Christ nous a rachetés, sommes complètement pardonnés et déclarés « non coupables ». Cependant, beaucoup de croyants éprouvent de la difficulté à abandonner leurs remords. En réalité, refuser de se pardonner est tout aussi nuisible et destructif qu’en vouloir à autrui. Comment puis-je continuer à garder captif quelqu’un à qui Dieu a pardonné? Comment ne puis-je pas me pardonner?

Les caractéristiques de ceux qui ne se pardonnent pas

  • L’AUTOPUNITION. Désirer que la personne qui vous a causé du tort soit punie est un signe d’un esprit rancunier. C’est exactement ce que nous nous faisons lorsque nous persistons dans l’autocondamnation. Chaque matin, la culpabilité nous attend, et nous la revêtons automatiquement comme un sac à dos que nous portons toute la journée. Avec chaque rappel mental de nos erreurs passées, nous éprouvons de nouveau les émotions douloureuses et humiliantes qui accompagnent nos anciens péchés. Certaines personnes se privent même des bonnes choses dont Dieu veut qu’elles jouissent parce qu’elles croient que, dans une faible mesure, un tel renoncement expiera leurs transgressions. Combien il est insensé de nous punir quand Christ a déjà subi le châtiment pour toutes nos fautes! La souffrance que l’on s’impose n’ajoute rien à son expiation complète pour nous (Éphésiens 2.8,9).

  • L’ÉVITEMENT. Les êtres humains sont passés maîtres dans l’art d’éviter leur culpabilité sans vraiment l’affronter. Certains essaient d’engourdir leurs sentiments en ayant recours à des comportements malsains ou excessifs qui promettent du soulagement : l’alcool, les drogues, la boulimie, l’accumulation de biens matériels, le divertissement à outrance ou des relations illicites ne sont que quelques moyens que les gens utilisent pour composer avec les regrets. D’autres remplissent leur vie d’activités en surchargeant leur emploi du temps et en travaillant de longues heures. Mais nous ne pouvons jamais faire disparaître ou négliger notre culpabilité. À un moment donné, nous devons l’aborder, sans quoi les remords continueront de nous gruger de l’intérieur, affligeant ainsi notre âme.

  • L’INDIGNITÉ. Un profond sentiment d’indignité qui touche chaque aspect de la vie est un autre résultat produit par le fait de ne pas se pardonner. Si Satan peut susciter en vous l’impression d’être indigne à cause de vos échecs passés, il réussit à vous faire passer à l’état qu’il souhaite : spirituellement paralysé. Votre vie de prière s’affaiblira ou deviendra inexistante, votre relation intime avec le Seigneur sera étouffée et votre service, entravé et inefficace. En réalité, aucun de nous n’est digne de pardon. C’est pourquoi nous avons tous besoin de la grâce divine : de sa faveur imméritée envers nous. Persévérer dans des sentiments d’indignité et refuser la grâce de Dieu sont nuisibles à notre vie chrétienne (Actes 10.15).

  • L’INCERTITUDE. Les croyants qui n’abandonnent pas leurs erreurs passées vivent sous un sombre nuage d’incertitude. Malgré l’assurance de leur salut, ils ne sont jamais certains de leur relation avec Dieu et ils n’éprouvent jamais la paix qui surpasse toute intelligence (Philippiens 4.6,7). Parfois, ils peuvent même se demander : Qu’est-ce qui va bientôt m’arriver? Après tout, je ne suis pas digne de recevoir les bénédictions de Dieu. Une terrible épreuve que je mérite m’attend sûrement. De telles pensées minent notre confiance dans le Seigneur et érigent une barrière entre Dieu et nous. Quand nous entretenons la culpabilité de notre péché, nous renonçons au contentement, à l’assurance et à la joie qui accompagnent le plein pardon. Le Seigneur ne garde aucun registre de nos transgressions et nous ne le devrions pas non plus (Psaumes 103.12).

  • DES PENSÉES DÉFORMÉES. L’autocondamnation déforme également nos pensées. Au lieu de raisonner d’après la vérité biblique, ceux qui sont remplis de remords dépendent de leur logique humaine et de leurs émotions. Les péchés passés deviennent leur préoccupation principale, et la Parole passe au second rang. L’Écriture révèle que tous mes péchés sont pardonnés, mais si je m’accroche à eux, je nie la promesse divine et je proclame mes propres pensées. Pour parler franchement, le problème est l’égoïsme. Si tout ce que je vois est mon péché, mes sentiments et mes regrets, c’est que je ne suis absorbé que par moi-même (Hébreux 12.1-3).

  • L’IMPUISSANCE. Christ veut exprimer sa vie dans celle de ses disciples, mais toute personne animée par un esprit rancunier éteint sa lumière. Même si nous savons tous qu’il est mal de garder rancune à quelqu’un, nous tolérons souvent notre manque de pardon envers nous-mêmes. Mais c’est quand même un péché. Ceux qui s’entêtent à porter leur culpabilité ne marchent pas dans l’Esprit, et leur vie chrétienne sera marquée par un manque de puissance.

Les raisons pour lesquelles nous ne nous pardonnons pas

Pour vaincre l’autocondamnation, nous devons comprendre pourquoi elle nous afflige. Qu’est-ce qui nous a motivés à nous punir en persistant dans la culpabilité?

  • L’INCRÉDULITÉ. La cause principale est l’incrédulité, c’est-à-dire donner priorité à nos sentiments et à notre raisonnement humain plutôt qu’à la vérité biblique. La parole de Dieu révèle que Jésus a subi le châtiment pour nos transgressions (Romains 3.23-26). Mais ceux qui persistent dans la culpabilité affirment fondamentalement : « Non, mon péché n’est pas entièrement puni. Je dois souffrir pour ma faute avant de pouvoir me pardonner. » N’êtes-vous pas heureux que Dieu ne s’attend pas à une telle expiation de notre part? Avant de mourir sur la croix, Christ a dit : « Tout est accompli » (Jean 19.30). Aucun autre châtiment n’est requis. Nos sentiments n’ont rien à voir avec le sacrifice complet qu’il a accompli pour nous.

  • LES ŒUVRES. Nous nous réprimandons peut-être parce que nous sommes incapables de satisfaire nos propres attentes. Cependant, quand nous sommes déçus de ne pas pouvoir nous pardonner, nous établissons une norme qui repose sur des œuvres. C’est ce qu’on appelle le légalisme. Le Seigneur n’exige de nous qu’une condition pour recevoir son pardon : croire en Christ. Dire que notre faute est trop grave pour que nous puissions nous pardonner équivaut à vivre sous la Loi plutôt que sous la grâce. Dieu n’accorde pas son pardon d’après un système d’évaluation de nos péchés, et nous ne devrions pas non plus y avoir recours.

  • L’ACCEPTATION. Après avoir vécu longtemps dans l’autocondamnation, des croyants peuvent malheureusement commencer à considérer ce mode de vie comme normal, mais il n’en est rien. Christ a promis de nous délivrer de la culpabilité et de nous accorder la vie abondante qui accompagne une conscience pure. Refuser sa promesse, c’est demeurer de son plein gré dans une prison. Les institutions pénales ont une expression pour décrire les prisonniers qui sont devenus tellement acclimatés à la vie carcérale qu’ils ont peur d’essayer de fonctionner à l’extérieur des murs du pénitencier : des détenus institutionnalisés. C’est exactement ce qui arrive aux croyants qui n’abandonnent pas leur culpabilité. Ils se blottissent dans leur cellule, même si Christ leur en a ouvert la porte et les a invités à sortir dans la liberté pour laquelle il les a rachetés.

Les moyens de se pardonner

J’espère que nous reconnaissons tous maintenant que s’agiter dans l’autocondamnation n’est pas la manière dont Dieu veut que nous vivions. Mais comment pouvons-nous changer cette mauvaise habitude?

  1. Reconnaissez-la. La première étape consiste à reconnaître que vous ne vous êtes pas pardonné. Faites face à cette vérité et commencez à régler ce problème.
  2. Repentez-vous. Dites au Seigneur que vous reconnaissez votre autocondamnation comme un péché. Puis, acceptez son pardon et remerciez-le.
  3. Croyez en Dieu. Réaffirmez votre foi en la vérité biblique. Dieu a déclaré qu’il a éloigné vos transgressions de lui autant que l’orient est éloigné de l’occident.
  4. Choisissez le pardon. D’après la parole de Dieu et par un acte de volonté, choisissez de vous pardonner.

Remarquez que les sentiments ne sont nulle part mentionnés dans ces étapes. Chacune est un choix qui repose sur la vérité et non sur des émotions. Cessez de ressasser dans votre esprit le souvenir de vos péchés, qui suscite la culpabilité, et rappelez-vous plutôt les vérités bibliques. Choisissez de sortir de la prison de la culpabilité et du regret. Jésus est venu sur terre pour délivrer les captifs (Luc 4.18). En acceptant son pardon et en rejetant votre culpabilité, vous sortirez de cette prison d’autocondamnation pour jouir d’une vie abondante.

Questions pour une étude approfondie

  1. Qu’est-ce que Romains 8.1-4 dit sur la position du croyant devant Dieu?
  2. Après avoir lu Romains 8.31-39, considérez attentivement chacune des questions de Paul du point de vue de l’autocondamnation. Si votre attitude envers vous-même ne correspond pas à l’opinion que Dieu a de vous, comment pouvez-vous l’aligner sur sa Parole?
  3. Quelles conclusions Paul tire-t-il de la possibilité d’être séparé de l’amour de Christ (v. 35-39)?
 

Christ, le modèle

25 et 26 mai 2013

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